Tu m'auras laissée avide et languissante ... Pour t'être dérobé sans explication aucune, je t'en veux, et je garde un lancinant souvenir de toi, de nous, entêtant néanmoins, qui émerge lorsque je me retrouve de nouveau dans la ruelle de nos ébats. Seule cette fois. Te souviens-tu de ce soir-là ? Peu avant l'aube, pour un peu et la pénombre n'était plus, nous étions ensemble et j'ai pleuré. Tu m'avais enlacée ce soir-là, en me promettant que ça irait, que prendre de la distance serait salvateur avant que tu ne t'envoles pour Paname.
Paname, tu m'auras subtilisé ce que j'aime.
Une question subsiste en mon for intérieur : que serait-il advenu de nous si tu n'avais pas décidé de m'épargner la violence de ton départ imminent en m'affligeant cette déchirure scélérate ? T'évanouir sans un mot, imperturbable.
J'en garde un dépit dont on ne se doute point, mais je me suis résignée. Tant que je ne reverrai pas de sitôt tes yeux de jais à la lueur d'un stroboscope ...
Mazaltov, j'encaisse, je fais passer à la trappe.

